Dynastie Qing

"L’armoire aux cent yeux" - Meuble d’apothicaire chinois aux 101 tiroirs

€8.000

Chine, fin dynastie Qing – période de la République
Meuble en bois laqué pour médecine traditionnelle chinoise (药柜 – yaogui)

Important meuble d’apothicaire chinois en bois dur laqué, comprenant un total de 101 tiroirs, dont 37 tiroirs en façade et 64 tiroirs disposés sur une colonne centrale octogonale rotative.
La structure rectangulaire, laquée noir, contraste avec les façades de tiroirs laquées rouge, ornées d’inscriptions en caractères chinois.

Le meuble s’organise autour d’une niche centrale intégrant une colonne rotative, dispositif rare permettant un accès direct et rationnel à un grand nombre de tiroirs. Chaque tiroir est muni d’une poignée métallique et porte une inscription indiquant la substance ou l’herbe médicinale qu’il était destiné à contenir, attestant de son usage dans le cadre de la médecine traditionnelle chinoise.

Les tiroirs sont profonds et compartimentés en trois cases internes, permettant une organisation fine des remèdes.
Ce type de meuble est désigné en chinois sous le terme 药柜 (yaogui), littéralement « armoire à médicaments », élément central des officines de médecine traditionnelle.

La seule restauration effectuée sur ce meuble concerne l’axe de la colonne centrale, afin de lui restituer une rotation fluide et conforme à son usage d’origine. Le meuble est par ailleurs dans un excellent état de conservation ; sa patine d’usage, volontairement préservée, lui confère une présence et une authenticité qu’il était essentiel de conserver.

Par son ampleur, la complexité de sa conception et son état, ce meuble constitue un rare témoignage du mobilier utilitaire chinois, à la frontière entre objet de travail et pièce de collection.

Dimensions : 

  • Hauteur : 174 cm
  • Largeur : 94 cm
  • Profondeur : 55 cm


Atelier et usage

Ce meuble est issu d’un atelier chinois spécialisé dans la fabrication de mobilier destiné aux officines de médecine traditionnelle. La complexité de sa conception — nombre exceptionnel de tiroirs, compartimentation interne et colonne rotative — indique une production pensée pour une pratique médicale structurée, nécessitant un stockage étendu et une organisation rigoureuse des substances.

Bien que les tiroirs puissent paraître interchangeables, chacun est en réalité ajusté individuellement à son emplacement. Lors de la fabrication, les artisans prenaient soin de marquer discrètement le dessous de chaque tiroir, ainsi que la structure correspondante du meuble, afin de garantir sa remise exacte à sa place d’origine lors du montage ou d’un démontage ultérieur.

Ce niveau de précision, invisible une fois le meuble en usage, témoigne du haut degré d’exigence artisanale requis pour ce type de mobilier, conçu pour un usage quotidien intensif.
Ce genre de meuble pouvait équiper des officines urbaines importantes ou des structures médicales disposant d’un large répertoire de substances, plutôt qu’un simple usage domestique.

Les meubles d’apothicaire intégrant une colonne centrale rotative sont aujourd’hui particulièrement rares. Ce type de dispositif, principalement conservé dans des collections muséales, est très rarement rencontré hors de Chine, ce qui confère à ce meuble un statut patrimonial de premier plan.

Le saviez-vous ?

Les meubles d’apothicaire chinois à multiples tiroirs étaient parfois surnommés « l’armoire aux cent yeux » (百眼橱).
Cette expression est employée par le dramaturge et écrivain Li Yu (1611–1680) dans son ouvrage Xianqing ouji (闲情偶寄), publié en 1671.

La métaphore fait référence à l’alignement des nombreux tiroirs dont les poignées évoquent autant de regards. Elle souligne l’impression de densité, de vigilance et de rigueur que dégage ce type de mobilier, conçu pour contenir et organiser un très grand nombre de remèdes au sein d’un seul meuble.

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