Casque de cavalier en laque noire, Japon, XIXe siècle (époque Edo – début Meiji)
Ce bajō jingasa, casque léger destiné aux cavaliers samouraïs, illustre l’art martial et symbolique du Japon de la fin de l’époque Edo, période marquée par la transition vers l’ère Meiji. Sa forme bombée à visière relevée, caractéristique des jingasa équestres, combine protection partielle et liberté de mouvement.
Il est entièrement recouvert d’une laque noire brillante, et orné à l’extérieur de mon (紋) peints en or : une croix stylisée inscrite dans un cercle, répétée de façon régulière. Le rebord est souligné d’un filet doré. L’intérieur est laqué rouge vif et conserve son système de calage textile d’origine. Une signature à deux caractères est visible sous la calotte.
Une analyse du mon peint en or permet de l’associer au clan Moriya, famille de la région de Suwa, connue pour son rôle rituel au sanctuaire Suwa Taisha.
Dimensions
- Hauteur : 13 cm
- Largeur : 32,1 cm
- Profondeur : 35,8 cm
La famille Moriya : Une lignée entre pouvoir et rituel
Ce casque est originaire de la région de Suwa, dans l’ancienne province de Shinano (actuelle Nagano), où la famille Moriya (守矢氏) occupait une position rituelle majeure pendant plusieurs siècles. Elle détenait la charge héréditaire de Jinchōkan, prêtre-adjoint du sanctuaire Suwa Taisha, haut lieu du shintō japonais.
Selon la tradition, les Moriya descendent d’une divinité locale ancienne, Moreya-no-Kami, vaincue par le dieu principal de Suwa. Cette filiation confère à la famille un rôle d’intercesseur entre monde ancien et pouvoir en place, conservant une autorité spirituelle unique dans le paysage religieux du Japon féodal.
L’objet présenté, marqué de leur emblème clanique, incarne la fusion entre appartenance guerrière, rang social et fonction rituelle.
Le saviez-vous ?
Le jingasa, à l’origine casque militaire porté par les fantassins (ashigaru), évolue considérablement à l’époque Edo. Dans un Japon pacifié par deux siècles de shogunat, ce casque devient un symbole statutaire : les modèles de cavaliers comme celui-ci — appelés bajō jingasa — sont désormais fabriqués en bois ou papier laqué, décorés avec soin, parfois même d’or.
Utilisé lors des défilés, missions officielles ou fonctions de police, le jingasa devient l’expression visible d’un rang, et parfois même d’une lignée — plus que d’un besoin de protection au combat.
Cette pièce est parfaite pour une collection privée ou comme pièce maîtresse d'une décoration intérieure sophistiquée. Elle s'adresse aux passionnés d'art asiatique et d'histoire des samouraïs qui apprécient les objets authentiques et chargés d'histoire.
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